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# Postato sabato 14 novembre 2009 17:08

"Image" Anna


Cette femme se trémoussant dans ce quartier sombre à une heure avancée de la nuit,
seule, insouciante à souhait, fière et enjôleuse, c'est sûr, elle se perd
mais n'en a pas encore conscience, elle pense, elle rêve de tout, de rien aussi.
Les volants de sa longue robe blanche tournoient dans le vent tiède, bouleversante oui, elle l'est, toute entière, toute vraie.
Elle brille comme une luciole folle, une étoile, mais n'a pas conscience du danger qui la guette, celle de la nuit qui pétrit,
qui fuit, qui lit en elle ses tourments
et qui la suit.
J'ai feint de ne pas avoir remarqué qu'il avait vu ce qu'il n'aurait pas du voir.
Sa mère en bas se livrer à l'appât comme un chat dans le noir.
Cette ville est un bol de brouillard et de pêcheurs.
Elle n'a pourtant pas peur, mais elle pleure et s'en va çà et là d'un pas léger à la recherche de quelqu'un à qui parler,
à qui pleurer sur une épaule.
Et sa voix de bleu passeur de neiges fait froid dans le dos car elle oublie qui elle est, se cherche des poux
et se persuade de son pouvoir de séduction,
des ravages de c½urs qu'elle ne maîtrise pas.
Elle se retourne plusieurs fois et ne s'aperçoit pas que son fils la voit, l'a reconnue, là, en bas.
Sa sagesse est le contraire de son âme qui boîte comme une enfant et elle peste contre la certitude de la mort.
La vie, la mort elle s'en amuse avec le temps, la paresse, les fausses richesses.
Elle se sent un peu comme une étoile nue conduisant l'eau pure, ce fluide de vie qui la tient vivante, qui coule de partout,
déperlante et luisante, elle le sait,
elle la lèche et s'en abreuve à souhait.
Elle s'amuse à sauter dedans, s'éclaboussant et fixant sa lueur comme une seconde peau.
Au bout de quelques minutes, elle se réveille et se rappelle qu'elle doit rentrer, son fils l'attend...


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# Postato martedì 31 marzo 2009 03:57

Les amours passent comme les saisons - Eric

L'hiver : La chaleur de la passion réchauffe nos c½urs et nos corps dans ces grandes pièces froides de la maison vide.


Le printemps : La vie nait de ces passions hivernales, la maison semble déjà s'habituer aux bruits à venir, elle nous semble déjà moins vide.


L'été : La fin de l'attente, les fruits sont mûrs, la récolte est florissante.les cris et les rires résonnent sur les murs de la maison

L'automne : Déjà s'en vont sur le chemin de la vie, les fruits de nos passions passées.


L'hiver : Le feu nous réchauffe comme nos passions le firent autrefois et doucement la maison se vide de nos c½urs, de nos corps.
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# Postato venerdì 20 marzo 2009 10:13

Un coeur gravé - Joëlle

Les gens qui s'aiment ne s'abandonnent jamais. Elle a rejeté cette idée fausse. Pourtant, elle y avait cru, dès leur première escapade où ils avaient gravé dans le mur du cimetière un coeur et ces simples mots : toi — moi — nous.
Lui, il s'est laissé subjuguer par une belle inconnue qui remontait sa jupe et
offrait ses jambes à la lumière du soleil.
Elle, elle est partie traîner son ressentiment dans les rues pavées de la ville.
Toute la nuit, elle a marché comme une somnambule sur les trottoirs déserts. Le hasard l'a conduite au port. Le vent et le froid l'ont soudain réveillée. Elle a
couru jusqu'au bout de l'estacade en hurlant son désespoir. Ce n'était pas un cri qui sortait de sa gorge, c'était un bruit de chair qu'on déchire et d'animal en
sang. Elle a enfin laissé sortir cette colère qui l'étreignait, la minait. A travers ses hurlements et ses gesticulations en tous sens, elle est devenue cette colère. Plus rien d'autre n'avait d'importance.
La tension est retombée d'un coup. Epuisée, elle s'est écroulée. Couchée à
même les poutrelles de bois, elle a respiré profondément plusieurs fois. Elle s'est sentie soulagée et fière aussi, au point de s'aimer presque elle-même.
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# Postato venerdì 20 marzo 2009 10:12

Les apparences - Eric Zaninello

Qu'il n'est pas aisé de paraître celui que l'on n'est pas.

Vincent, je m'appelle Vincent, mais mes proches m'appelle Vince, ça fait plus viril, plus dur, plus homme.

Je suis flic, pas simple agent remuant les bras devant les monospace des mères de famille au carrefour, non le Flic avec un grand « f », dans toute sa splendeur, musclé, le regard de tueur, tatoué sur les bras pour montrer que l'on a vécu , qu'on ne nous la fait pas.
Jamais bonjour, jamais bonsoir. Les autres, les fonctionnaires, sont, j'en suis sûr, persuadé que j'habite au poste, pire, que je m'y sens bien, au point de ne pas vouloir rentrer chez moi. S'ils savaient.., s'ils savaient.

J'ai 40 ans, marié pas d'enfants. On n'en voulait pas, elle ne pouvait pas. Pas le temps de se demander pourquoi. On s'est aimé, jeune, on s'est marié, trop jeune. Elle, rassurée par la présence d'un homme à ses côtés, moi rassuré de ne pas vivre seul, on forme un couple comme tant d'autres, un couple par habitude.

Avec elle, je joue le rôle qu'elle attend de moi : une présence paternelle. Peu importe l'heure à laquelle je rentre, elle m'attend, me sert à manger, à boire. Jamais je ne porte une assiette, un plat. La vaisselle ? Jamais.

La nuit quand on s'aime, elle me veut fougueux, brutal, mâle. Jamais elle ne me demande ce que je veux, et même si je lui en faisais part elle ne comprendrait pas, ne me croirait pas. J'ai un rôle à jouer et je le joue.

Parfois, quand il lui arrive de quitter la maison plus tôt, je reste seul, j'ôte mes vêtements et mon masque. Je reste nu, nu de tout mes artifices .Je m'approche de ses armoires à la recherche d'une tendresse qui m'est interdite. Je caresse délicatement ses dessous de soie, je me prend à rêver à l'adolescente que je n'ai jamais été, à la courte robe que je porterais dans la chaleur des nuits de Barcelone, au bruit de mes escarpins sur le pavé, aux regards troublants des ibères, beaux, grands et bronzés.

Alors, je referme le tiroir de mes rêves inavoués et remets mon déguisement pour parader au carnaval de la vie.
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# Postato venerdì 20 marzo 2009 10:11